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Accueil » Rétrospective : Le MBK 51, la légende des mobs

Rétrospective : Le MBK 51, la légende des mobs

MBK 51 Magnum Racing
26/09/25
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Eric Jaulmes fut l'inventeur de la Mobylette en 1949 (contraction de mobile et de bicyclette), quelques années après l’étude par l'ingénieur Marcel Morel de chez Monet-Goyon d'un cyclomoteur de 49 cm3 qui ne sera pas retenu par sa direction. Même si aujourd’hui ce terme est devenu générique, c’est à Motobécane que l’on doit la commercialisation de la première Mobylette, l’AV3 en 1949. Rapidement la “mob” devient un moyen d'émancipation de la jeunesse. Aujourd’hui, intéressons-nous à la Légende des “mob” : la Motobécane type 51, abrégée couramment la "51", devenue MBK 51 après 1986, une “mob” lancée par Motobécane en 1978.

 

Motobécane en quelques mots

C'est à Pantin, en 1923 que l’entreprise Motobécane fut fondée par Charles Benoit, Jules Bénézech et Abel Bardin. La marque commença par produire des motocyclettes avant de devenir célèbre pour ses Mobylettes (comme le modèle AV88 dite “la Bleue”), Mobylettes connues et reconnues dans de nombreux pays après la Seconde Guerre mondiale. Motobécane fit très longtemps preuve d'innovations techniques et esthétiques, mais devant les difficultés financières du début des années 1980 et la faillite qui suivit, l’entreprise fut reprise par Xavier Maugendre et quelques associés (une partie des capitaux provenant de Yamaha et de deux importateurs de Yamaha). Rebaptisée MBK Industrie, l’objectif fut de relancer le marché de la moto française. En 1986, Yamaha prit le contrôle de MBK Industrie et orienta rapidement la chaîne de production vers l’univers du scooter (MBK), avant d'intégrer l'entreprise à Yamaha Motor France en 2011.

 

La Motobécane type 51

Histoire

Les années 1970 furent des années prospères pour Motobécane qui lança de nombreux nouveaux modèles dont la 51 en 1978, futur fleuron de son catalogue. Concurrente incontestée du 103 de Peugeot sorti en 1971 (dont nous retraçons ici son histoire), la 51 fut la dernière œuvre marquante de Motobécane / MBK industrie qui conserva la 51 au catalogue jusqu'en 2002, l’application de la norme anti-pollution Euro 2 marquant la fin d’une carrière longue de 24 ans. La dernière 51 à sortir d'usine est une 51 Hard Rock, en novembre 2002. Les 51 cédèrent la place à une gamme réduite de 3 modèles fabriquées en Turquie (les MBK Dakota, Kansas et Phenix) qui ne parviendront pas à convaincre et abandonnés en 2008.

 

Conception et caractéristiques techniques

La partie cycle

Le cadre de la série 51 est une structure acier monocoque incluant un réservoir d'essence (jusqu’à 6.5 litres, avec réserve) dans le tube diagonal. Toutes les versions disposent de suspensions à l'arrière, à ressort cachés, apparents ou encore hydrauliques à bonbonne de gaz séparée selon les modèles. Le bras oscillant de série à section ronde ou section rectangulaire pour les versions sportives, fut dans les années 1980 complété d'un système d'antivol à barre. La fourche, dans un premier temps est une évolution de celle des années 1950 sur tous les modèles standards de la 51, avant d’être remplacée par une fourche plus “sport” mais non hydraulique. L’éclairage fut tout d’abord confié à un phare trapézoïdale avant d’être remplacé par un phare rond, mode oblige ! Certaines versions sportives bénéficient d'un kit carrosserie et d'une tête de fourche carénée. La transmission secondaire est assurée par une chaîne renforcée. Les roues sont à rayons sur les premiers modèles, en 1979 des jantes à bâtons en aluminium apparurent sur le modèle 51 Super, toujours pour répondre à la mode "sport" et à la concurrence. Le freinage est assuré par des tambours à commande par câble sur l’ensemble des modèles, par des freins à disques pour les rares modèles destinés à la compétition. Le poids de la 51 se situe entre 42 et 55 kilos, selon les séries et l’équipement. La vitesse maximale légale de la 51 est d’environ 50 km/h.

 

Motorisation

Le moteur monocylindre deux-temps (à graissage séparé) AV10 d’une cylindrée de 49,9 cm3 de la famille 51 est un dérivé du moteur AV7 des années 1950, disposant  d’une admission par clapets dans le carter et 3 transferts, augmentant ainsi la puissance de 2 à 3 ch (3.3 ch pour le plus puissant de série). La carburation de 12 mm passa rapidement à 14 mm. Au milieu des années 1980, un allumage électronique fait son apparition, améliorant grandement la fiabilité. Tous les modèles (excepté la version S d'entrée de gamme de 1978 à 1980 et certains modèles Club) bénéficient d'un variateur de vitesse automatique appelé "Mobymatic" qui équipait déjà le moteur AV7, et d'une transmission primaire par courroie avec tension automatique par ressort dit "moteur flottant". Dans un premier temps refroidit par air, un système de refroidissement liquide A.F.S. apparu de série sur certaines gammes, introduisant ainsi le moteur AF 85 et AF 87 (4 transferts). Les pots d'échappement de forme « tromblon » ont été progressivement remplacés par un pot de détente de type « Cobra ». Le système de démarrage est devenu à kick sur les versions sportives, abandonnant le pédalage quand la réglementation des cyclomoteurs le permit.

 

Des versions “maison” et d’exceptions

Comme pour de nombreux modèles de la concurrence, la MBK 51 fut l’objet de nombreuses modifications, personnalisations et transformations de la part des jeunes propriétaires. Augmentation de la puissance, des équipements, relooking… Les idées étaient nombreuses, parfois farfelues et pas toujours dans le respect des réglementations en la matière, qui bannissent ce type de pratique. La majorité ont fait l'objet de modifications illégales pour augmenter la vitesse de pointe, allant du simple débridage à l'installation de kits de toutes cylindrées et de gros carburateurs. Ces machines pouvaient ainsi facilement dépasser les 60 km/h, voire 100 km/h avec des modifications poussées (je vois vos yeux briller !). L’une des plus impressionnante transformation est peut-être le Jet-trike Célérité de Gilles Moussaoui et Claude Boissel (pilote), une mobylette dragster basée sur le cadre d'une MBK 51, dotée d'un turboréacteur Turbomeca Marboré II à postcombustion de 2 500 ch, équipé de 4 freins à disque, d’un poids à vide 400 kg pour une longueur 4,60 m ; qui a atteint 375 km/h en 2008.

 

Etre propriétaire d’une MBK 51 aujourd’hui ?

Aujourd’hui, les Mobylettes Motobécane, désormais vintages, sont appréciées par les collectionneurs et les amateurs de véhicules classiques pour leur charme et leur place dans l’histoire de la mobilité. Heureux et fières sont les propriétaires ayant conservé soigneusement un modèle en parfait état dans leur garage. De nombreux clubs existent aujourd’hui, proposant expositions et autres balades, souvent très fréquentés. Sur le marché de l’occasion, toute “d'origine”, une 51 originelle est proposée entre 1000 et 1500 euros ; aux environs de 500 euros pour une 51 Club ; plus de 3000 pour des modèles rares et équipés. Enfin, si vous êtes propriétaire d’une machine à "retaper", vous trouverez chez La Bécanerie tout ce dont vous aurez besoin pour reprendre la route !

 

Historique des versions

L’ère Motobécane

  • 51 S, V, VS, VL, VLC (1978) : versions dites "classiques utilitaires”, aux caractéristiques et finitions différentes.
  • 51 Trail (1978 - 1980) : variante tout-chemin.
  • 51 Mobcross (1979 - 1981) : variante tout-terrain, avec échappement relevé, sabot de protection moteur, guidon renforcé, pneus à crampons…
  • 51 Super (1979 - 1988) : commercialisée pour moderniser l'image de la 51.
  • 51 Le Mans (1981) : série limitée de la 51 commercialisée en très petite série.
  • 51 West, New West, White Horse, Copper Black (1981 - 1987) : variantes choppers de la 51. La West était proposée en finition noire et jantes dorées, la New West reprenait un décor "têtes d'indiens", la White Horse était toute blanche avec décor bleu, la Cooper Black était cuivrée et noire.

L’ère MBK Industrie

  • 51 CF (1986 - 1988) : CF pour “Championnat de France”.
  • 51 S (1986 - 1987) : S pour Sport (sous l’ère MBK Industrie), avec jantes "Leleu" du 103 Peugeot.
  • 51 Lee Cooper (1987) : série limitée de la 51 S avec décor style "jean's" Lee Cooper.
  • 51 Red Light (1986 - 1987) : la 51 “chrono”, typée "sport".
  • 51 Daytona Cruiser (1987 - 1990) : l’Hyper Custom, version limitée et modernisée des 51 West, New West, White Horse, Copper Black avec kick et décors chromés.
  • 51 Rock (1987 - 1989) : avec kick, repose-pieds et jantes bâtons alu Grimeca.
  • 51 Magnum (1987 - 1993) : première 51 à refroidissement liquide (système A.F.S.) à l’esprit sportif, très tendance à l’époque.
  • 51 Sport (1988 - 1989) : série limitée rare. La 51 Rock avec un décor différent et jantes "Leleu".
  • 51 Swing (1988 - 1997) : à destination des jeunes, selle basse et couleurs fun.
  • 51 Magnum Racing (1988 - 1996) : la 51 Magnum avec équipements et look racing.
  • 51 Rock Racing (1989 - 1993) : la 51 Rock avec équipements et look racing.
  • 51 Évasion (1989 - 1999) : destinée à voyager en toute sécurité.
  • 51 Passion (1989 - 1999) : la 51 Évasion avec refroidissement liquide A.F.S.
  • 51 Mag Max / 51 Magnum LTD (1990 - 1999) : variante modernisée de la 51 Magnum avec un guidon racing, bras oscillant rectangulaire et coloris exclusifs.
  • 51 J (1990) : variante dérivée de la 51 V originelle, restée peu de temps au catalogue.
  • 51 Club Salsa (1991 - 1995) : modèle entrée de gamme mais proposant de nombreux équipements en option.
  • 51 Club Jazz (1991 - 1995) : une 51 Club Salsa relookée.
  • 51 Hard Rock (1991 - 2002 ) : nouvelle variante de la 51 Rock avec bras oscillant carré et béquille latérale.
  • 51 Club Jazz équipée (1992 - 1995) - une 51 Club Jazz avec clignotants, premier modèle de la gamme Club avec feu stop, compteur et porte-bagage chromé.
  • 51 Jazz (1996 - 1999) : le phare rond et l’équipement antivol font leur apparition.
  • 51 Roadster (1997 - 1999) : dernier "custom" de la 51, nombreux chromes, jantes 60 rayons, phare et compteur “obus”, selle longue, double barre de renfort…
  • 51 Club (1994 - 2002) : nombreuses variantes et options au fil du temps mais sans variateur, modèle le plus vendu.
  • 51 Club VR (1995 - 2002) : la 51 Club avec variateur.
  • 51 Club VR Mexican Style (1996) puis Club VR Tex Mex (1996 - 2002) : variantes de la 51 Club VR avec jantes à cinq bâtons et décors spécifiques.
  • 51 Magnum Racing XR (1996 - 2002) : version sport restylée de la 51 Magnum Racing, 3,3 ch à 6000 tr/min, pré-équipement de série pour permettre l’ajout de composants orientés compétition (compte-tour, freins à disques…)
  • 51 Club Swing (1997 - 2002) : mélange de la 51 Club et de la 51 Swing, avec kick et jantes à cinq bâtons.
  • 51 City Club (2001 - 2002) : la 51 Club avec un équipement de série supérieur comme le feu stop, les clignotants, un compteur…
  • 51 Club Limited (2002) : série limitée de la 51 Club.

 

Devenue une Icône, il est possible de profiter aujourd’hui de sa Mobylette Motobécane / MBK Industrie 51 à l’électrique, grâce au kit de conversion NOIL. La légende perdurera quoi qu’il arrive !

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