
Après la Seconde Guerre mondiale, la France entre dans une phase de reconstruction économique. La voiture reste un luxe pour beaucoup, rendant les déplacements quotidiens difficiles pour les classes les plus modestes. Le VéloSoleX, cyclomoteur produit à plus de 7 millions d'exemplaires entre 1946 et 1988, devient une solution populaire grâce à sa légèreté, et son faible coût. Surnommé « la bicyclette qui roule toute seule », il est comparé à la 2 CV des cyclomoteurs. De son côté, Peugeot ne tarde pas à répondre avec ses modèles précurseurs : la 101 en 1949, la 102 en 1956, et enfin la 103 en 1971. Ce dernier modèle succède aux précédents et offre une alternative pratique, moderne, robuste, économique et facile à entretenir.
Très vite, la Peugeot 103 s’impose comme un symbole d’émancipation pour les adolescents. Accessible dès 14 ans sans permis, elle leur offre une nouvelle liberté, les affranchissant des contraintes parentales et des transports en commun. Plus qu’un simple cyclomoteur, elle devient une compagne d’aventures et un moyen d’exprimer leur personnalité à travers des modifications esthétiques comme mécaniques. Véritable icône culturelle, la 103 a marqué des générations et continue, 50 ans après son lancement, de séduire les Français.
Le moteur monocylindre 2-temps de 49,9cc de la Peugeot 103, idéal pour les trajets urbains, se distingue par sa légèreté, sa robustesse et son efficacité, avec une puissance allant de 1,5 à 4 chevaux. Refroidi par air sur les modèles classiques (tels que la MVL de 1976) et par liquide sur les versions plus récentes et sportives (comme la SPX LC de 1987), il assure une fiabilité remarquable.
La transmission primaire est assurée par une courroie reliant le vilebrequin au plateau, tandis que la transmission secondaire utilise une chaîne allant du plateau à la roue arrière. Ce système assure une conduite fluide et ne demande que peu d’entretien. Le variateur et l’embrayage automatique, fixés directement sur le vilebrequin, ajustent le rapport en fonction du régime moteur. Les premiers modèles (103 V en 1973) étaient équipés de pédales, remplacées par un démarrage au kick sur les versions plus récentes (SPX en 1986). Ces dernières sont dotées d’un variateur et d’un embrayage séparés, le variateur restant sur la sortie du vilebrequin, tandis que l’embrayage, lui, est déporté sur le plateau, ce qui le rend plus efficient grâce à une moindre exposition à la chaleur du moteur.
Dès les premiers modèles de la Peugeot 103, l’allumage reposait sur un système simple à vis platinées, nécessitant un entretien régulier. Dans les années 1980, Peugeot passe à l’allumage électronique, notamment sur la SPX (1986), améliorant fiabilité et démarrages, une véritable révolution pour l’époque.
Le cadre en acier embouti, léger et robuste, intégrait un réservoir de 3,5 à 4 litres, idéal pour les trajets quotidiens. Les versions de base étaient dotées de roues à rayons, d'une fourche télescopique basique, et d'amortisseurs arrière non réglables, offrant un confort spartiate et une stabilité tout juste suffisante pour un usage quotidien. Les versions plus évoluées, quant à elles, étaient équipées de roues en alu à bâtons, d'une fourche de meilleure facture, et d'amortisseurs arrière réglables, garantissant ainsi une conduite plus fluide et dynamique, avec un confort nettement amélioré.
Depuis son lancement en 1971, la Peugeot 103 s’impose comme un modèle phare dans le monde des cyclomoteurs. Avec son moteur à admission par clapet et ses pédales héritées des vélomoteurs, le 103 L et le 103 S séduisent les jeunes en quête d’un moyen de transport simple et fiable. Rapidement, Peugeot diversifie sa gamme : la sportive 103 SP (1976), la confortable 103 LVS (1977), ou encore la dynamique 103 SPR (1979) posent les bases de son succès.
Cette période marque un tournant, avec Peugeot qui diversifie son offre en lançant des modèles encore plus sportifs. La 103 Chrono (1984) et la rare Turbo 16 (1985 - série limitée, clin d’œil à la 205 Turbo 16 championne de rallye) illustrent parfaitement ce changement de cap. Pour ceux qui privilégient la praticité, la 103 MVL (1980) et la populaire 103 Vogue (1986) continuent de représenter la tradition des modèles polyvalents et économiques. En 1987, le démarrage au kick débarque sur les 103 SPX et RCX, qui abandonnent par la même occasion les pédales, au profit de repose-pieds, et s'accompagne d'un design plus moderne. Ces versions encore plus sportives et abouties deviennent les favorites des jeunes.
Dans les années 1990, des modèles comme la 103 Fun, la 103 Spectrum et la 103 Clip prolongent l'héritage de ce cyclomoteur légendaire. Toutefois, l'arrivée des scooters Booster et BW's (jumeaux de MBK et Yamaha, présentés au salon de la Moto de Paris en 1989) marquera la fin de son âge d'or. En 1993, MBK annonce qu’il s'est vendu pour la première fois en France plus de scooters que de cyclomoteurs. Malgré cela, la Peugeot 103 restera un symbole de liberté jusqu’à la fin de sa production, ayant marqué de nombreuses générations dans leur quête d’émancipation.
Le MBK 51, lancé en 1978, est un concurrent direct et redoutable de la 103, avec des caractéristiques similaires telles que le variateur automatique et les suspensions arrière. Bien que son cadre et son moteur soient quelque peu différents, des modèles tels que le 51 Magnum (1985) offrent des spécifications proches de celles de la 103. Devenu encore plus fiable après le rachat de Motobécane par Yamaha en 1984, il représente une alternative de choix.
Lancé en 1967, le Piaggio Ciao a séduit par sa simplicité et sa légèreté. Aussi maniable qu’un vélo, il était destiné à ceux en quête d’une mobylette accessible, pratique et facile à entretenir. Bien qu’il ne rivalisait pas avec la 103 (ou le 51) en termes de performance, en raison de son moteur moins puissant et de sa tenue de route limitée (sans amortisseurs arrière et avec une fourche basique), il attirait par son côté fun et sa facilité d’usage.
Les modifications esthétiques ont marqué les années 80 et 90. Le guidon était fréquemment remplacé par un modèle plus sportif, les pédales laissaient place à des cales-pieds, obligeant à démarrer sa mob en poussant, les roues à rayons étaient souvent remplacées par des jantes en alu à bâtons et de pneus sportifs pour une meilleure stabilité, tandis que les carénages et phares chromés étaient très en vogue. De nombreuses 103 étaient aussi repeintes dans des couleurs vives, ornées de chromes, de motifs et dessins uniques, permettant de se distinguer.
La Peugeot 103 est bien plus qu’un cyclomoteur : c’est une icône générationnelle. Symbole d’indépendance, elle a offert aux jeunes une liberté inédite, marquant leurs aventures entre potes et souvent accompagnant leurs premiers amours. Aujourd’hui, des modèles rares comme l’Excalibur, la Chrono, la Turbo 16, la Spectrum ou la RCX Full Black, atteignent des prix records aux enchères, témoignant de l'attachement qu’elle suscite. La restauration et la personnalisation de ces machines sont devenues un véritable art, préservant un héritage intemporel, à l’instar de la Vespa de Piaggio. Plus qu’un simple moyen de transport, la Peugeot 103 reste une légende vivante, incarnant liberté, nostalgie et culture des deux-roues.
Les premiers modèles du Peugeot 103, lancés dès 1971, ont posé les bases de la légende. Ces modèles étaient simples, mais extrêmement efficaces pour les jeunes qui cherchaient une solution économique et pratique pour se déplacer.
Au début des années 1980, Peugeot enrichit sa gamme avec des modèles plus variés, allant des versions basiques aux versions sportives.
La fin des années 1980 marque un tournant avec des innovations techniques et esthétiques majeures.
Les années 1990 sont marquées par l'arrivée de nouveaux modèles encore plus modernes, tout en maintenant l’héritage du 103.