
Parce que le freinage n’est absolument pas une option ; que l’on soit gros rouleur ou non, il convient de contrôler régulièrement l’état d’usure de ses plaquettes de freins et de procéder à leurs remplacements si besoin.
Ce contrôle est relativement facile. Une rainure est présente sur la hauteur des plaquettes de frein. Lorsque cette rainure n'est plus visible, cela signifie qu’il n’y a presque plus de garniture sur vos plaquettes de frein. Il est temps de les remplacer. Il est conseillé de changer ses plaquettes de frein avant qu’elles ne perdent totalement leur garniture. L'usure des plaquettes de frein provient en fonction de nombreux facteurs, comme l'intensité de la force de freinage, le type de garniture, l'état du ou des disques... Parfois le démontage des plaquettes de frein pour contrôle est indispensable, soit pour un problème d’accès ou tout simplement par facilité de contrôle (un simple contrôle visuel sans démontage demandant parfois un minimum d’expérience). Cette opération sur une moto est relativement simple ; c’est parti pour notre nouveau tuto.
Avant même de sortir vos outils, encore faut-il avoir les bonnes plaquettes sous la main. Et là, pas question de piocher au hasard dans l’étagère du magasin : il existe plusieurs types de plaquettes de frein, chacune avec ses avantages, ses inconvénients… et surtout, son usage.
C’est le type de plaquettes qu’on retrouve souvent sur les motos d’origine, notamment les petites cylindrées. Fabriquées à base de fibres (verre, kevlar, carbone…) liées par de la résine, elles sont confortables à l’usage : le freinage est progressif, silencieux, et elles préservent plutôt bien les disques. Mais forcément, elles montrent leurs limites dès que le rythme s’accélère. Elles chauffent vite, s’usent plus rapidement, et peuvent manquer de mordant à haute température. Elles sont à privilégier si vous roulez tranquille, en ville ou sur une moto légère.
Comme leur nom l’indique, elles mélangent de la garniture organique avec des particules métalliques (cuivre, fer, graphite…). Résultat : elles sont plus endurantes et plus mordantes que les organiques, sans devenir trop agressives pour les disques. Le toucher au levier reste progressif, et les performances sont au rendez-vous, même en usage dynamique. C'est un bon choix pour les roadsters, les motos un peu sportives ou les motards qui aiment rouler sans traîner.
Avec des frittées, on passe à quelque chose de plus sérieux. Ces plaquettes sont obtenues par frittage : une fusion de poudres métalliques à très haute température. Autrement dit : c’est du costaud. Elles offrent un freinage puissant et constant, même à chaud, même sous la pluie, même en descente de col chargé comme un mulet. Ce sont les plaquettes les plus performantes pour un usage routier soutenu. Le revers de la médaille ? Elles peuvent être un peu plus bruyantes, user les disques plus vite, et elles coûtent un peu plus cher. Elles sont parfaites pour les gros rouleurs, les motos sportives ou les motards qui freinent (vraiment) tard.
Les plaquettes “racing”, à base de carbone, céramique ou autres composés exotiques, ça fait rêver. Mais elles sont pour la plupart totalement inadaptées à la route. Leur température de fonctionnement optimale est tellement élevée qu’à froid, elles freinent… peu, voire pas du tout. De nos jours, vous pourrez en trouver certaines qui sont étudiées pour être utilisé en usage urbain, mais elles restent à privilégier pour un usage sur piste uniquement.
Avant de vous lancer dans cette tâche, assurez-vous de disposer de plaquettes de frein neuves adaptées à votre moto (toujours par deux). Tous les différents types de plaquettes de frein pour motos sont disponibles sur le site de la Bécanerie. Le moteur de recherche vous aidera à vous y retrouver facilement, en indiquant par exemple la marque et le modèle de votre moto. Assurez-vous de disposer du matériel nécessaire pour réaliser cette opération et d’un peu de temps devant vous. Une petite boîte peut être utile pour y déposer les vis démontées.
Surtout ne jetez rien avant d’avoir terminé toute l'opération de remplacement de vos plaquettes de frein.
L’usure des plaquettes de frein a pour conséquence de faire descendre le niveau de liquide de frein dans son bocal. Si le niveau a été récemment complété, il peut arriver que vous ne puissiez pas repousser ensuite le ou les pistons à leur maximum. Il sera alors nécessaire de prélever un peu de liquide de frein. La surface de liquide doit être horizontale dans le bocal avant démontage du couvercle. Attention, veillez à placer des chiffons autour du bocal, le liquide de frein étant très agressif. Utilisez un tournevis de bonne dimension pour les vis du bocal. Une fois le bocal ouvert, il ne vous reste plus qu’à vider un peu de liquide de frein avec une seringue. Une fois le ou les pistons repoussés, le liquide va remonter. Ce niveau sera à contrôler une fois l’opération de remplacement des plaquettes de frein terminée. Notre tuto : “Comment changer son liquide de frein ?” peut vous aider dans cette tâche.
A vous de juger ! Parfois pour plus de liberté de mouvements, de visibilité ou d’accès, il est nécessaire de démonter le ou les étriers de freins. Il est même conseillé de le faire pour effectuer un contrôle minutieux de ce ou ces étriers. L’étrier de frein est généralement fixé par des vis, au bas de la fourche (frein avant), sur le bras oscillant (frein arrière). Sortez les vis puis l’étrier de frein en le faisant bouger doucement pour le dégager du disque et de la jante. Si vous désirez effectuer l’opération de remplacement des plaquettes de frein étrier démonté, nous vous conseillons de commencer par débloquer les axes de maintien des plaquettes de frein, comme expliqué à l'étape 3 (ceux-ci étant parfois grippés). Profitez de ce moment pour vérifier l'état du ou des disques. Dans le cas d’un double disque, il est préférable de s’occuper d’un étrier à la fois. Faites attention à votre jante en démontant l’étrier, surtout lorsque le disque est d'un diamètre important.
Il existe de nombreuses formes d’étriers, mais en règle générale la base est similaire. Les plaquettes de frein sont maintenues en place et coulissent sur un ou deux axes / tiges. Ces axes / tiges, parfois aussi appelés goupilles, maintiennent un support mis sous tension contre les plaquettes de frein (ce support fait office de ressort), limitant au maximum le jeu des plaquettes de frein. Ce support peut parfois être maintenu par une vis. Ces axes / tiges ont généralement un sens, repérez le bien. Ces axes / tiges sont des pièces que l’on peut nettoyer ou remplacer en fonction de leur état. Ces axes / tiges sont vissés ou enchâssés (et maintenus en place par une goupille classique). Un premier cache protégeant parfois leurs emplacements est, en fonction, à démonter en premier. Pour démonter ces axes / tiges, il suffit de les dévisser (axes / tiges vissés) ou d’enlever la goupille classique en place avec une pince à bec (axes / tiges enchâssés) puis chasser ces axes / tiges (avec un chasse axe par exemple). Une fois ces axes / tiges démontés, et le support (ressort) retiré, les plaquettes de freins vont pouvoir sortir de leur emplacement (en les faisant coulisser le long du disque si l'étrier n’est pas démonté).
Pensez à récupérer tout ce qui se trouve sur les plaquettes de frein. La petite grille métallique par exemple qui sert d’écran sonore, thermique..., ainsi que la garniture qui se trouve entre les deux si elle est présente.
L’usure des plaquettes de frein provoque une sortie / extension normale du ou des pistons de l’étrier. La surface du ou des pistons est sûrement bien sale. Avant toute chose, procédez à un bon nettoyage de ce ou ces pistons en brossant avec une vieille brosse à dents et en pulvérisant du nettoyant pour frein. Les poussières parfois accumulées sur la surface du ou des pistons pourraient abîmer les joints d’étanchéité. Profitez en pour vérifier l’état de ces joints d’étanchéité et la non présence de fuite de liquide de frein.
Cette étape est importante pour placer avec facilité les nouvelles plaquettes de frein, plus larges puisque plus de garniture ; surtout lorsque l'étrier n'est pas démonté.
Replacez les vieilles plaquettes de frein (uniquement) entre le ou les pistons, puis à l’aide d’un gros tournevis plat placé entre elles, faites levier pour repousser le ou les pistons au fond de leur logement.
Il est primordial de ne pas détériorer le disque de frein, cela pourrait impacter le freinage de votre moto. Prenez appui avec un tournevis plat sur le disque en veillant à sa bonne protection, ou utilisez un repousse piston,
Étrier démonté ou pas, le niveau de liquide de frein va remonter dans le bocal, d’où l’importance de l’étape 1.
C’est peut-être l’étape la plus “délicate”, car il faut tout replacer en même temps ! Notre conseil : pensez à passer un petit coup de papier à poncer grain moyen sur vos plaquettes de frein avant montage, afin d’éliminer toutes traces de produits de fabrication. Il faut maintenant maintenir les deux plaquettes de frein, leur protection sonore, thermique... (ainsi qu’une éventuelle garniture complémentaire trouvée au démontage) et le support (ressort) d'une main ; pendant qu’on installe le ou les axes / tiges de maintien de plaquettes de frein de l’autre. Pensez à bien vérifier le sens du ou des axes / tiges de maintien de plaquettes de frein avant leur remontage. N'oubliez pas de replacer la goupille classique dans le cas d’axes / tiges enchâssés ; serrer au couple dans le cas d’axes / tiges vissés.
Graissez les vis de fixation de l’étrier et remettez le en place en le faisant coulisser le long du disque. Serrez les vis au couple préconisé.
Dans un premier temps, n’oubliez surtout pas d’actionner le levier de frein de votre moto pour remettre les plaquettes de frein en place, c’est-à-dire presque en contact avec le disque. Si vous ne le faîtes pas, cela pourrait être dramatique lors de votre premier freinage ! Contrôlez ensuite le niveau du liquide de frein dans le bocal et ajustez si besoin avant de le refermer. Enfin, procédez à un nettoyage complet du ou des disques avec du nettoyant pour frein.
Attention, les plaquettes de frein sont des éléments d’usure qui se rodent lorsqu’elles sont neuves, même si vous les avez passé au papier à poncer grain moyen avant leur montage. Soyez donc très prudent sur les premiers freinages, peut-être pas toujours mordant !

Né au Havre en 1972, motard depuis 1992, j’ai rejoint la grande famille des sidecaristes en 2015. Au titre de “passionné”, je préfère dire que la moto est pour moi un mode de vie. Rouler raisonné, profiter de mon environnement et de cette liberté qu’offre la moto, échanger et partager sont mes moteurs