
Une chose est certaine : les motos chinoises font parler d’elles et induisent beaucoup de questions. Pourquoi sont-elles parfois si “peu” chères ? Sont-elles fiables ? Quels sont les risques d’acheter une moto chinoise ?... Intéressons-nous aujourd’hui à ce marché totalement exotique il y a peu.
Les premières motos chinoises importées au début des années 2000 n'inspiraient souvent que du mépris et du dédain. À coup d’investissements massifs en recherche et développement, leur niveau général s’est considérablement élevé. Même si certains progrès sont perfectibles comme l’adéquation électronique / motorisation, un surpoids, une consommation plus élevée ou bien encore le SAV (selon les importateurs) ; les progrès sont incontestables comme le design et la finition, les technologies embarquées ou bien encore l’ergonomie et le confort.
Zongshen Motos, fondé en 1992 tout comme Lifan Motor Group, Loncin en 1993 ou dernièrement ZX Moto en 2024... nombreux sont les constructeurs / fabricants chinois qui auront peut-être bientôt leur place en Europe et en France, à l’instar de CFMoto, Voge, Zontes, Benda... Retrouvez ici notre tour d'horizon de marques chinoises.
Les chiffres démontrent une année 2025 globalement difficile pour le marché du deux-roues motorisé en France. Ces chiffres révèlent également que les constructeurs chinois prennent de plus en plus de place. À fin septembre 2025, le marché 125 cc et plus comptabilisait 140 317 immatriculations (- 10,9 %, avec 9 mois consécutivement négatifs). Même si le quinté de tête du top 20 constructeurs ne change pas (Honda, Yamaha, BMW Motorrad, Kawasaki, Triumph), la sixième place est occupée par CFMoto (qui enregistre +172 % de croissance en France entre janvier et août 2025), la dixième place par Voge, la douzième place par Zontes. Quand BMW Motorrad vend 2 843 unités de sa BMW R 1300 GS (occupant au passage la première place du top 20 motos), CFMoto écoule 1 360 unités de sa 450 MT (occupant le onzième rang du top 20 motos). Encore loin du top 5 au regard du nombre d'unités vendues par Triumph (presque le double par rapport à CFMoto avec ses 4 741 immatriculations), à aucun moment nous n'aurions envisagé un possible top 20 il y a 10 ans.
Tout comme les chiffres du marché du deux-roues motorisé en France, les chiffres de la moto chinoise peuvent en partie être expliqués. Les entreprises chinoises produisent aujourd’hui plus de 15 millions de motos et exportent vers une centaine de pays. Fort d’un réseau de distribution de mieux en mieux implanté en France, le réseau de la moto chinoise s'appuie sur un réseau de concessionnaires dit “multi-marques” déjà bien dense en France. La moto chinoise emboîte encore aujourd’hui un peu le pas de la moto japonaise et européenne. La percée de CFMoto s’appuie sur un partenariat stratégique avec KTM. Certaines marques aujourd’hui chinoises ne le sont pas toujours dans “l'inconscient collectif”, comme Benelli.
Une inflation des prix conjuguée à une baisse du pouvoir d’achat des motardes et motards voulant tout de même rouler : vous obtenez là probablement les principales raisons de la montée en puissance des constructeurs chinois, désormais crédibles. À chacun son modèle !
C'est un trail polyvalent à l’aise sur les chemins techniques comme sur le goudron. Cette machine dispose d’un moteur bicylindre en ligne de 449,5 cc développant 42 ch à 8 500 trs/min pour 44 Nm à 6 250 trs/min. Cette moto est homologuée A2 sans bridage. Avec un poids de 175 kg, un réservoir de 17,5 litres pour une consommation annoncée de 4,8 l / 100 km, elle est prête à sillonner les routes.
On aime bien
Le moteur qui donne à cette moto de réelles capacités en off-road, pour un tarif imbattable
On aime moins
Un manque de feeling sur le frein avant et les rétroviseurs plutôt “curieux” esthétiquement
Ce trail polyvalent est le plus léger et le plus puissant de son segment (dixit Kove). Cette machine séduit par sa motorisation très agréable en sensations, son poids “aspect plume”. Elle est convaincante sur route comme en off-road. Son moteur bicylindre en ligne de 799 cc développe 94.5 ch à 9 000 trs/min pour 80 Nm à 7 500 trs/min. Il offre deux modes de conduite : éco et sport. Le poids en ordre de marche est de 190 kilos, pour un réservoir de 17 litres. Une machine typée 50 % route / 50 % off-road qui fait trembler la concurrence.
On aime bien
Cette moto est à l'aise aussi bien sur route qu'en tout-terrain grâce notamment à une partie cycle saine et ses 190 kilos sur la balance.
On aime moins
Une image de marque qui reste à exploiter. La cartographie "sport" est un peu brutale. La qualité des rétroviseurs est discutable.
Conçue pour les amoureux d’aventures et de longs voyages, la 800 MT-X offre une maniabilité exceptionnelle sur les chemins et un confort remarquable sur les routes. Cette machine dispose d’un moteur bicylindre en ligne de 799 cc développant 91 ch à 8 500 trs/min pour 87 Nm à 6 750 trs/min (bridable A2). 220 kilos de technologies au service du pilote, comme un shifter up & down, un régulateur de vitesse ou encore 3 modes de conduite. La qualité globale perçue est digne du segment premium, pour 9 999 € seulement.
On aime bien
Le très bon feeling du train avant, assuré par une fourche aux tubes de 48 mm. Le confort, la protection et l’instrumentation sont au rendez-vous.
On aime moins
La mécanique est un peu "brute" à bas régime et propose différents modes moteurs peu différenciables. Un réglage de hauteur de selle aurait été judicieux.
Cette DS900X offre une polyvalence remarquable grâce à sa facilité de conduite, son confort élevé, son équipement sans compromis et son adaptation remarquable à toutes les situations. Son moteur de 895 cc, partagé avec la BMW Motorrad F900GS, développe 94 ch à 8 250 trs/min et un couple généreux de 94 Nm à 6 250 trs/min. Bridable A2, elle dispose d’un équipement ultra complet, comme un régulateur de vitesse (CCS), l’affichage en temps réel de la pression et de la température des pneus (TPMS), une caméra HD 1080p, une connectivité Bluetooth qui s’agrémente pour 2025 d’un couplage mirroring pour le GPS de votre mobile permettant d’intégrer le GPS à l’écran TFT couleurs 7 pouces, un pare-brise réglable, ses protège-mains, ses poignées et sa selle chauffantes, trois prises : 12V, USB et USB-C, deux béquilles (centrale et latérale) et une mise en route sans clé. De longs voyages confortables assurés en toute sécurité avec cette Voge.
On aime bien
On se sent très bien à son guidon, grâce à un niveau de protection assez élevé, des suspensions de qualité et un moteur très agréable. Son rapport équipement / prix est indéniable.
On aime moins
Le design du tableau de bord n’est pas très réussi. Le sabot moteur n’est pas très protecteur. La selle est un peu fine, on manque de confort.
Cette Zontes est conçue pour la performance et les sensations fortes. Avec son trois-cylindres de 699 cc développant 95 ch à 7 500 trs/min pour 74 Nm à 8 5000 trs/min (0 à 100 km/h en moins de 3,5 secondes), cette Zontes 703 RR s'impose comme une véritable alternative tarifaire. Son design acéré aux lignes tendues respire l’esprit de compétition. L'ensemble de 202 kilos en ordre de marche séduit autant par sa qualité de fabrication que par son rapport performance / prix imbattable.
On aime bien
Le moteur est disponible presque tout le temps, la machine est agile, les suspensions font un bon travail.
On aime moins
Certains gadgets n’ont pas leur place, comme l’ouverture électrique de la selle, les leds latérales. Le freinage manque d’attaque et de puissance.
Certains y verront des allures de Honda CBR, BMW S1000RR ou bien encore Ducati Panigale. Cette QJ Motor embarque un moteur 4 cylindres en ligne de 778 cc développant 95 ch à 10 000 trs/min pour 78 Nm à 8 500 trs/min (bridable A2). L’électronique et les assistances embarquées sont très correctes avec trois modes moteur (normal, sport et pluie), un contrôle de traction déconnectable, un régulateur de vitesse, un shifter up & down, deux capteurs de pression pneumatique et un ABS. Avec ses 214 kilos tous pleins faits logés dans une partie cycle stable, elle se montre à l’aise sur routes sinueuses bien revêtues et sur un circuit à taille humaine.
On aime bien
Le moteur est énergique, la partie cycle est équilibrée. Les suspensions allient confort et efficacité.
On aime moins
Le design manque d'originalité. Le double disque avant fait son travail, néanmoins la progressivité pourrait être améliorée, l’attaque au levier est un peu raide.
Évolution du 525 R, ce roadster s'impose comme un roadster milieu de gamme, disponible en A2 Propulsé par un moteur bicylindre en ligne de 581 cc délivrant 63.9 ch à 9 000 trs/min et 57 Nm à 6 500 trs/min l'agilité et la sportivité sont assurées à son guidon. Disposant d’un équipement haut de gamme (deux modes de conduite, contrôle de traction (TCS), suspensions Kayaba, freins Nissin avec ABS, pneus Pirelli, châssis ergonomique et selle confortable), chaque détail est pensé pour une expérience de conduite optimale.
On aime bien
L’équipement est plutôt riche sur cette Voge 625 R.
On aime moins
Visuellement, c’est une Voge 525 R, avec de la puissance supplémentaire.
Cette QJ Motor est un roadster au look sportif dans l’air du temps, embarquant un moteur quatre cylindres de 778 cc, 95 ch à 10 000 trs/min pour 75 Nm à 8 500 trs/min (bridable A2). Disposant d’un niveau d’équipements classique (pas d’accélérateur sans câble, de shifter ou encore de régulateur... mais un éclairage full LED, un écran TFT de 5 pouces à module Bluetooth et navigation intégrée), cette dernière version Dark de la SRK 800 au tarif bien placé de 6 799 € est une offre très alléchante pour un roadster neuf (garantie de 3 ans). 207 kilos tous pleins faits a ne peut-être pas conseiller à des jeunes permis !
On aime bien
Un modèle tout de noir vêtu, épuré, simplifié qui lui donne un look unique. Un comportement sain, en conduite sportive ou non grâce aux suspensions Marzocchi et au freinage Brembo.
On aime moins
Les modes moteurs sont réglables uniquement via le menu à l’écran.
Cette 800 NK Thorn Bikes vient révolutionner le segment des roadsters sportifs. Ce roadster CFMoto revisité par le préparateur Thorn Bikes pour plus de sport et de fun. (série limitée et numérotée) embarque un moteur bicylindre en ligne de 799 cm³ (d'origine KTM) délivrant 95 ch à 9 000 trs/min pour 81 Nm à 7 000 trs/min, ainsi qu'une électronique complète. En version full ou en version A2, on découvre à son guidon de nouvelles sensations, sans compromis. Les plus "Thorn Bikes" : shifter up, amortisseur de direction réglable, carter d'embrayage, carter de pignon de sortie de boîte, cache-papillon, pad de protection numéroté. 186 kilos qui viennent bousculer la donne
On aime bien
C’est une série limitée à 100 exemplaires. Une plus-value de l’atelier Thorn Bikes dans les détails. Le moteur a conservé sa personnalité et son dynamisme.
On aime moins
C’est un roadster sportif un peu exclusif, la selle passager n’est pas très accueillante. C’est une CFMoto 800 NK avec son Injection parfois imprécise, sans anti-patinage.
“C’est quoi ce truc ?” nous vient peut-être à l’esprit lorsque l’on aperçoit pour la première fois cette Benda LFC 700 totalement inclassable. Ce roadster / custom / power cruiser démontre aujourd’hui que la Chine ose. La bête embarque un moteur quatre cylindres en ligne de 676 cc, 77 ch à 10 050 trs/min pour 60 Nm à 8 000 trs/min. Avec un poids de 287 kg en ordre de marche, un réservoir de 17 litres pour une consommation annoncée de 4,5 l / 100 km, vous ne passerez assurément pas inaperçu à son guidon, d’où sa place dans notre top. “Démentiel”, précise Benda, ce n’est pas le pneu de 310 à l’arrière qui contredira le constructeur chinois !
On aime bien
Avant tout le look ! La hauteur de selle de 700 mm est accessible au plus grand nombre. L'équipement est au rendez-vous.
On aime moins
La maniabilité et l’agilité sont, comment dire ! (probablement liées au pneu de 310 à l’arrière pour un 130 à l’avant, un surpoids). Le prix est un peu élevé.
Les constructeurs chinois aujourd'hui développent, innovent, osent. Cela bouscule bien entendu les constructeurs historiques qui n'ont pas dit leurs derniers mots. Tout cela profite aux consommateurs que nous sommes, preuves en est au dernier salon EICMA 2025 où les nouveautés sont nombreuses !

Né au Havre en 1972, motard depuis 1992, j’ai rejoint la grande famille des sidecaristes en 2015. Au titre de “passionné”, je préfère dire que la moto est pour moi un mode de vie. Rouler raisonné, profiter de mon environnement et de cette liberté qu’offre la moto, échanger et partager sont mes moteurs