
S’il y a bien un créateur qui a redonné ses lettres de noblesse à la mob, c’est Club Cambouis. Un jeune créateur de contenu français, passionné, qui aime les mobylettes et les moteurs qui reprennent vie. La Bécanerie l’a interviewé pour retracer son histoire : celle d'un passionné que l’on respecte pour sa précision et pour la qualité de ses contenus… alors qu’avant le confinement, il ne connaissait rien au monde de la mob. Et c’est peut-être ça, le vrai charme du personnage.
La caverne de Club Cambouis avec ses Motobécanes
Club Cambouis, c’est un seul homme qui restaure des mobs dans un garage. Pas de business plan, pas de projet d’influence : juste l’envie de bricoler, de rénover des Motobécane (beaucoup de Motobécane même), et d’apprendre en faisant. Mais dans chaque histoire, il y a un tournant. Pour lui, ce tournant porte un nom : Bernard Moto, un voisin, ancien mécano ayant travaillé dans les usines Motobécane à Pantin dans sa jeunesse. C’est un mentor pour lui, un passeur de savoir. Celui qui lui a tout appris : moteurs AV7, AV10, variantes, subtilités mécaniques… de la théorie la plus fine aux astuces de terrain qui ne s’oublient jamais.
Il nous parle de son souvenir le plus fou avec lui : le schéma électrique de Vélovap expliquant comment remettre d’aplomb un allumage avec une pile 9 volts, le tout dessiné sur un bout de papier au détour d’une conversation. C’est fort !
« Sans lui, jamais de Club Cambouis », dit-il. Et quand on voit le résultat aujourd’hui, on se dit que Bernard Moto n’a pas seulement transmis sa connaissance de la mécanique : il a transmis une vocation.
Petit à petit, Club Cambouis rencontre des collectionneurs, des préparateurs, s’essaie lui-même à la prépa. Il monte des moteurs de A à Z, fait des métrologies complètes, sort plus de puissance que ne l’aurait jamais imaginé le lui d’avant-confinement. Parfois il réalise des customs à partir de cadres nus ; parfois, il pousse la restauration d’origine jusqu’à la perfection. Ça dépend du modèle. Ça dépend du temps. Ça dépend de la vibe… Et surtout, il veut laisser une trace. Alors après le confinement, il se lance : création de contenu, vidéos, suivis de restauration… et les gens accrochent.
La magie des débuts : le fameux Vélovap avec Bernard Moto, la pile 9 volts, et beaucoup d’envie. Sa première resto ? Une Motobécane AV68. La passion pour la mobylette devient bien présente.
Quand on lui demande sa mob préférée, il hésite. Pas de modèle précis, mais une certitude : les cadres ronds des mobylettes « Bleues » 88. C’est eux qui l’ont fait tomber amoureux du custom. C’est eux qui lui ont donné envie de se lancer. Son premier coup de cœur esthétique, presque artistique (ce qui n’est pas étonnant quand on apprend qu’il aime aussi la musique, le dessin, le cinéma, et qu’il a un vrai truc pour l’art). Selon lui : « Tout le monde peut être un artiste. Tout le monde peut se lancer. » Sa manière à lui, c’est le montage vidéo et la qualité de ses réalisations.
Et son custom de rêve ? La Simson KR51, une sorte de scooter allemand des années 70, introuvable en France. Alors si vous connaissez quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît un détenteur de KR51, vous feriez un heureux !
La AV881 Custom de Club Cambouis
Depuis le confinement, il a restauré une bonne vingtaine de mobylettes. Certaines d’origine, d’autres transformées, d’autres sauvées de la rouille et du désespoir.
Quelques pépites qu’il nous mentionne :
Et surtout, un projet très particulier : la MBK Passion avec La Bécanerie.
La MBK Passion, c’était une épave (il montre absolument tout le projet sur son Instagram). Il l’a ramenée à la vie grâce aux pièces de La Bécanerie. C’était son premier projet qu’il voulait partager de A à Z. Et sans les pièces ? Impossible. Il rappelle que ce modèle, l’un des derniers de la lignée des MBK 51, est très difficile niveau pièces : chaque élément est une chasse au trésor.
Club Cambouis prévoit de continuer à créer du contenu, peut-être même sur YouTube. Sa ligne directrice : partager, toujours partager. Et côté atelier, un futur chantier bien croustillant :
Une Motobécane 40 Custom, avec gros disque et un moteur 70 cc pour faire simple. Un projet qui promet d’arracher le bitume.
La MBK Passion, la représentation de la collaboration entre Club Cambouis et La Bécanerie
L’anecdote est plutôt drôle : un jour, il envoie un message à La Bécanerie… puis le supprime, pensant qu’on ne répondrait jamais. Mais c’était déjà trop tard : nous avions vu son message ! Finalement, c’est nous qui l’avons appelé, et le partenariat s’est fait naturellement.
Il a refusé plusieurs propositions car les partenariats ne lui « convenaient pas » et ne lui « correspondaient surtout pas ». Mais La Bécanerie ? C’était différent. Il nous connaissait déjà grâce aux stickers collés sur les scooters des copains. Il nous considère même comme « une enseigne historique dans le monde de la mob », « pionnière » et « légitime ».
Grâce à notre collaboration, sa MBK Passion a pu voir le jour plus sereinement, puisque les différentes pièces mécaniques lui étaient directement fournies.
Pour plonger dans son univers, voir ses prépas, ses restos, et sa vision très artistique du monde de la mob, vous pourrez retrouver le travail de Club Cambouis sur Instagram (son principal terrain de jeu) et sur TikTok. Dans un futur proche, vous verrez très probablement apparaître une chaîne YouTube. Alors comme il nous l’a dit : « restez connectés » !